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Les défis de la riposte

Qu'est-ce qui freine la riposte, et quels obstacles reviennent semaine après semaine ? Dix difficultés, tirées des sections « Défis » des bulletins de l'INSP.

14 mai 2026 → 6 oct. 2026période couverte

Des obstacles qui apparaissent dans chaque bulletin

une case par semaine, teintée selon la part des bulletins qui citent l'obstacle
  1. 01

    Des malades qui refusent l'isolement, des familles qui refusent la décontamination

    133 bulletins le citent

    IturiNord-KivuTshopo

    Cité dans 133 bulletins, du SitRep 001 (14 mai 2026) au SitRep 145 (6 oct. 2026).

    C'est l'obstacle le plus constant : il figure dans presque chaque bulletin depuis le premier, le 14 mai, qui note le besoin de gérer les rumeurs communautaires. La forme change, le fond non. Résistance des ménages à la décontamination à Rwampara dès le 23 mai ; réticence aux prélèvements en juin ; enlèvement d'un corps positif au cimetière familial de Misebere, dans la zone de Katwa, le 10 août ; refus d'enterrement digne et sécurisé « pour convenance religieuse » à Bunia et évasion nocturne de trois alertes isolées à Poko, le 18 août. Le 3 septembre, l'Ituri compte encore 21 refus d'isolement au CTE, et une équipe de Kalunguta est agressée dans l'aire de Mataba.

  2. 02

    Des centres de traitement saturés

    128 bulletins le citent

    IturiNord-KivuHaut-Uélé

    Cité dans 128 bulletins, du SitRep 001 (14 mai 2026) au SitRep 144 (5 oct. 2026).

    Dès le 14 mai, le premier bulletin note le manque d'isolement conforme ; le 31 mai, la capacité est jugée insuffisante « malgré l'ouverture de Rwampara ». L'Ituri sature à 103 % le 18 juin, le Nord-Kivu à 160 % le 9 juillet ; le 15 juillet, le centre de Bambu affiche 316 % d'occupation. Les extensions demandées à Bambu et Nizi restent à achever mi-août et accusent encore un retard le 3 septembre. Le 3 septembre, le Nord-Kivu reste au-dessus de 100 % et plus de la moitié de ses patients sont soignés dans des structures non normées. La courbe des centres de traitement, plus haut, montre la même chose en chiffres.

  3. 03

    Ce qui manque : médicaments, intrants, sang, nourriture

    136 bulletins le citent

    IturiTshopoBas-Uélé

    Cité dans 136 bulletins, du SitRep 001 (14 mai 2026) au SitRep 145 (6 oct. 2026).

    Dès le premier bulletin, le 14 mai, il manque des intrants de prévention et de contrôle des infections et des kits de prélèvement ; le 27 mai, les bulletins notent un « défaut d'approvisionnement des hôpitaux de référence » en médicaments essentiels génériques. De mi-juin à mi-juillet, des échantillons attendent au laboratoire du Nord-Kivu. Le 22 juillet, il manque des équipements de protection et du chlore, et 175 unités de triage fonctionnent sur 1 170. Du 18 au 22 août, de 19 à 77 malades en Ituri, selon le jour, ne bénéficient d'« aucun soutien alimentaire ». Le 3 septembre, la Tshopo n'a plus de sang sécurisé depuis six jours et son plateau technique reste insuffisant pour la biochimie et l'hématologie.

  4. 04

    Une remontée d'informations complexe

    116 bulletins le citent

    Haut-UéléIturiNord-Kivu

    Cité dans 116 bulletins, du SitRep 006 (20 mai 2026) au SitRep 145 (6 oct. 2026).

    Ce que la riposte ne mesure pas, elle ne peut pas le corriger, et le site ne peut pas le montrer. Le 17 juillet, le Nord-Kivu ne rapporte pas ses lits, et le taux d'occupation est calculé sur les lits du 15 juillet, reconduits. Le 6 août, la « complétude du rapportage » est nommée comme obstacle à la prise de décision. Le 26 août, elle est de 83 % au niveau national, 55 % au Haut-Uélé et au Sud-Kivu. Le 3 septembre, le Sud-Kivu « n'a pas rapporté » ses alertes du tout. Sur ce site, ces jours-là restent vides : quand la source ne dit pas, le site ne dit pas.

  5. 05

    Des contacts perdus de vue

    104 bulletins le citent

    Haut-UéléBas-UéléIturi

    Cité dans 104 bulletins, du SitRep 009 (23 mai 2026) au SitRep 122 (13 sept. 2026).

    Le 31 mai, 43 % des contacts sont vus, pour une cible de 95 %. Le 19 juin, 69 %. Le 17 juillet, le bulletin parle de « forte dégradation » : 61,5 % en Ituri, 54 % au Haut-Uélé. Depuis le 6 août le seuil affiché est de 85 %, et le 3 septembre le taux national le dépasse ; mais le Bas-Uélé reste sous les 70 %, « lié à une insuffisance des équipes dédiées », dit encore le bulletin du 3 septembre. Un contact non vu est une personne exposée qui peut tomber malade sans être attendue.

  6. 06

    L'insécurité, qui engendre des problèmes d'accès

    98 bulletins le citent

    IturiNord-KivuHaut-Uélé

    Cité dans 98 bulletins, du SitRep 010 (24 mai 2026) au SitRep 145 (6 oct. 2026).

    Des incendies de centres de traitement à Rwampara et à Mongbwalu sont signalés dès le 24 mai, une incursion des ADF le 2 juin. « Insécurité et accès limité (CODECO, ADF) » revient tel quel de la mi-juin au 4 août. Dès le 17 juillet, les bulletins signalent l'attaque du pont Muchanga contre les équipes d'enterrement et la paralysie des activités à Nyankunde. Mi-août, ils expliquent les décontaminations incomplètes par « l'insécurité dans certains villages » et des adresses introuvables. Le 3 septembre, le point de contrôle d'Avakubi demeure non fonctionnel « pour raisons sécuritaires ».

  7. 07

    Des équipes et du personnel soignant attaqués

    53 bulletins le citent

    Nord-KivuIturiHaut-Uélé

    Cité dans 53 bulletins, du SitRep 010 (24 mai 2026) au SitRep 135 (26 sept. 2026).

    Les bulletins rapportent ces violences dès le 24 mai, avec l'incendie de centres de traitement à Rwampara et à Mongbwalu ; à partir du 17 juillet : « insécurité visant les équipes EDS », attaque au pont Muchanga, activités paralysées à Nyankunde, la même phrase pendant dix-sept bulletins. Puis les faits se précisent. Prestataires et policiers agressés au point de contrôle de Mukulia, selon les bulletins des 10 et 11 août. Le 19, une équipe escortée par l'armée à Mungamba et les maisons de deux relais communautaires visées par une tentative d'incendie. Le 20, deux véhicules de la Croix-Rouge vandalisés près d'Isiro, une ambulance attaquée à Pawa. Le 24, un membre d'une équipe d'enterrement mort dans un accident à Bambu, deux autres agressés à Rwampara. Le 26, l'assassinat d'un président de cellule d'animation communautaire au Nord-Kivu. Le 4 septembre, la population menace de brûler le centre de traitement en construction à Katwa.

  8. 08

    Des enterrements à risque et des corps non prélevés

    119 bulletins le citent

    IturiNord-KivuHaut-Uélé

    Cité dans 119 bulletins, du SitRep 011 (25 mai 2026) au SitRep 145 (6 oct. 2026).

    Un corps qui n'est pas prélevé est un décès qui n'entre dans aucun compte, et un enterrement sans précaution est une chaîne de transmission. Les bulletins le disent dès le 25 mai, avec la résistance à la réalisation des EDS à Mongbwalu et à Rwampara, puis, le 27 mai, la « réticence face aux prélèvements post-mortem ». Dès le 17 juillet, ils signalent une attaque au pont Muchanga visant les équipes d'enterrement, avec la paralysie des activités à Nyankunde. Le 10 août, dix échecs à Mangala et quatre à Komanda. Le 3 septembre, neuf corps ne sont pas prélevés à Bambu, Fataki et Mandima, « pour résistance ».

  9. 09

    Des prestataires payés en retard ou pas payés

    69 bulletins le citent

    IturiNord-KivuHaut-Uélé

    Cité dans 69 bulletins, du SitRep 059 (12 juil. 2026) au SitRep 144 (5 oct. 2026).

    Le paiement apparaît dans les difficultés le 12 juillet. Le 17, les zones de Bunia et Rwampara sont en grève, et la reprise n'est annoncée qu'après l'intervention du gouverneur militaire ; le même texte est repris jusqu'au 4 août. Le 5 août, le pilier psychosocial de Beni, au Nord-Kivu, annonce la sienne. Le 15 août, la grève prive six points de contrôle du Haut-Uélé de tout rapportage ; le 19, cinq prestataires sur dix-huit sont payés au Nord-Kivu. Le 3 septembre, quatre points de contrôle de l'Ituri sont « en grève faute de paiement ».

  10. 10

    Des points de contrôle qui ne contrôlent pas

    57 bulletins le citent

    Haut-UéléIturiTshopo

    Cité dans 57 bulletins, du SitRep 083 (5 août 2026) au SitRep 145 (6 oct. 2026).

    Les points d'entrée et de contrôle doivent repérer les malades qui voyagent. Le 5 août, 9 des 38 points prioritaires du Haut-Uélé sont actifs, et 4 des 19 de la Tshopo, au moment où deux nouvelles zones sont atteintes le long de l'axe de Nia-Nia. Le 14 août, 26 % sont activés au Haut-Uélé, « faute de formation, de supervision et d'appui ». Du 13 août au 4 septembre, un seul des onze sites stratégiques de l'Ituri fonctionne sans interruption ; au Haut-Uélé, le point de contrôle de Magambe enregistre 209 refus de screening (5 %) le 3 septembre.

Pour aller plus loin

  • La riposte →Ce que l'on fait : alertes, tests, suivi des contacts, centres de traitement, vaccination.
  • Sources & bulletins →Les bulletins de l'INSP d'où sont tirés les défis, en PDF d'origine.