La lettre
Bulletin n° 098Situation au 20 août 2026
Résumé du bulletin de l'INSP, à chaque nouvelle parution
Le bulletin du 20 août 2026, publié le 21 août 2026, rapporte 85 nouveaux cas confirmés et 41 décès. 85 cas, c'est dans la moyenne des sept derniers jours, 92,6 par jour. Il y a 1 nouvelle zone impactée : Makiso-Kisangani (Tshopo) ; l'épidémie touche désormais 56 zones dans 6 provinces.
01Le bilan
Depuis le début de l'épidémie, 5 375 cas confirmés et 2 557 décès : 47,6 % des malades sont morts. 1 167 personnes sont guéries. 15 de plus que la veille. 737 malades sont hospitalisés dans les centres de traitement Ebola. Sur les sept derniers jours, 92,6 cas et 49,0 décès par jour en moyenne, contre 86,7 cas et 46,7 décès la semaine précédente.
02Où
L'Ituri porte 63 des 85 nouveaux cas. Viennent ensuite le Nord-Kivu avec 17 et le Haut-Uélé avec 5. Les 3 autres provinces n'en déclarent aucun. 5 zones portent 51 de ces 85 cas : Nizi 13, Bambu 12, Bunia 10, Rwampara 9 et Katwa 7. 48 des 56 zones de santé touchées ont déclaré au moins un nouveau cas ces trois dernières semaines ; 8 n'en ont déclaré aucun.
03Les décès
Sur les 41 décès du jour, 18 sont survenus en communauté, c'est-à-dire hors d'un centre de traitement, et 23 dans un centre de traitement. Les décès hors centre : 10 au Nord-Kivu, 6 en Ituri et 2 dans le Haut-Uélé. Ceux en centre de traitement : 19 en Ituri, 2 dans le Haut-Uélé, 1 au Nord-Kivu et 1 dans la Tshopo. Les 19 d'Ituri ne sont pas encore attribués à une zone de santé précise, comme 187 décès avant eux.
04La riposte
1 588 signalements de malades possibles (des « alertes ») ont été reçus ; 1 340 ont été vérifiés et 301 retenus comme cas suspects, à tester. Sur 477 prélèvements testés en laboratoire, 85 étaient positifs, soit 17,8 %. 85,5 % des personnes ayant côtoyé un malade (les « contacts ») ont été vues par les équipes de suivi, au-dessus du seuil de 85 % que l'INSP s'est fixé. Moins de trois contacts sur quatre ont été vus dans les provinces suivantes : Bas-Uélé. Les centres de traitement Ebola sont remplis à 60,1 % : 711 malades pour 1 183 lits. Autour des nouveaux cas, 17 ceintures de prévention ont été mises en place sur 52 attendues, c'est-à-dire la désinfection du domicile et le suivi des proches.
05Les difficultés rencontrées
Au Haut-Uélé, deux véhicules de la Croix-Rouge accompagnant un corps ont été vandalisés à 10 km d’Isiro et les volontaires molestés, une ambulance de Pawa a été attaquée pendant le transfert d’un suspect, une équipe a été menacée à Isiro pendant l’enquête sur une alerte, un corps a été enlevé au centre de traitement d’Isiro et exposé en ville pour des funérailles, une famille de Boma Mangbetu refuse l’hospitalisation, des médicaments manquent au centre d’Isiro, et six points de contrôle sont en grève faute de paiement. En Ituri, les centres de Nizi, Kilo, Logo et Kigonze sont saturés, 43 malades ne reçoivent aucun soutien alimentaire, des patients continuent de s’enfuir, 17 ceintures de prévention (rings) ont été ouvertes sur 52 attendues, 15 corps n’ont pas pu être testés, des refus d’enterrement sécurisé sont signalés à Bunia, Nizi, Mongbwalu, Fataki et Damas, trois ambulances sont en panne, et un seul point de contrôle stratégique sur 11 fonctionne sans interruption. Au Nord-Kivu, des suspects de Butembo, Masereka, Vuhovi et Kalunguta sont isolés hors des centres de transit, cinq zones n’ont pas rapporté leurs données d’hygiène, et des rumeurs circulent : à Kyondo, le sac mortuaire « n’ouvre pas le passage vers les cieux », à Beni, le vaccin contre la rougeole serait un remède contre Ebola. Les agents de sensibilisation du Nord-Kivu et de la Tshopo ne sont pas payés depuis trois mois. À la Tshopo, le centre manque de place, de courant et de sang sécurisé, et 168 motos manquent. Au Bas-Uélé, aucune ambulance, et aucun médicament prépositionné pour le traitement de soutien.